jeudi 1 octobre 2015

Greenfield Park et le débat du bilinguisme

Greenfield Park et le débat du bilinguisme


                                                               L’histoire de Greenfield Park s’écrit en anglais
Les habitants de ce territoire ont un fort héritage anglophone issu de l’immigration d’ouvriers britanniques qui se sont établis à Montréal pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Ces immigrants ont profité d’une époque de développement pour s’installer définitivement dans un territoire de la Rive-Sud baptisé, en 1911, Town of Greenfield Park, une ville où la vie se déroulait en anglais.

Dès nos jours, Greenfield Park est un des trois arrondissements de la Ville de Longueuil (lire les articles Longueuil : arrondissement, ville et agglomération I et II) et un des trois arrondissements possédant officiellement un statut bilingue au Québec. 

D’anglophone à bilingue
La Charte de la langue française de 1977, aussi connu comme « Loi 101 », a donné la forme définitive au statut du français au Québec. Selon la Loi 101, le français est la seule langue officielle au Québec, c’est-à-dire que les services administratifs, le commerce, l’éducation, et la vie en général devraient se dérouler absolument en français.

Cependant, une municipalité pourrait être reconnue bilingue si plus de la moitié de sa population est de langue maternelle anglaise. C’est le cas de l’ancienne Ville de Greenfield Park, que, en 1977, comptait une population en majorité anglophone, assez de monde pour avoir un statut bilingue d’après l’article 29.1 de la Loi 101. Cette condition permet, par exemple, de fournir des services et de communiquer avec les résidents en français et en anglais. 

Fini le bilinguisme?

Depuis les années 1980, la population anglophone de Greenfield Park a chuté et, d’après le recensement de 2011, il n’y a que 33,8 % d’anglophones dans l’arrondissement. Ça veut dire que le territoire ne se conforme plus à l’exigence d’avoir une majorité anglophone. Cet argument a été avancé par des groupes d’intérêt qui prônent la fin du statut bilingue de Greenfield Park. Par exemple, le Projet de Loi 14 de 2013 visait la modification de la Loi 101 et de la Charte de la Ville de Longueuil pour faciliter la révocation du statut bilingue, entre autres.

Le statut bilingue de Greenfield Park est encore légal et protégé par la Charte de la Ville de Longueuil. Apparemment, Greenfield Park peut perdre son statut bilingue seulement si l’arrondissement le demande au gouvernement du Québec. Pourtant, l’arrondissement n’a aucun statut juridique autre que celui accordé par la Charte de Longueuil. Aussi, la Loi 101 ne prévoit pas que les données des recensements constituent un argument pour la révocation du statut bilingue.

Greenfield Park est un des trois arrondissements de la Ville de Longueuil

Panneaux bilingue au Parc Pierre-Laporte (ancien Parc Pierre-Laporte)



Statut Facebook de la mairesse de Longueuil critiquant les interventions bilingues de Robert Myles


La chicane
Il existe toute une affaire autour du statut bilingue de Greenfield Park sur la Rive-Sud. D’un côté, les groupes d’intérêt pour la francophonie prônent la révocation du bilinguisme. De l’autre côté, les habitants et le leadership « greenfillois » (je crois qu’il n’y a pas de gentilé officiel en français) se battent pour préserver son héritage.

Plus récemment, depuis le mois de mai 2015, Robert Myles, Conseiller municipal dans l’arrondissement de Greenfield Park et chef de l’opposition, avait pris l’habitude de parler en français et ensuite traduire tout ce qu’il disait pendant ses interventions aux séances du Conseil de la Ville de Longueuil . Cela a réveillé la chicane, car pour les uns il s’agit d’un outrage à la Loi 101 et au statut de la langue française, mais pour les autres c’est un droit acquis.

Tirez vous-mêmes vos propres conclusions.